La légende de Mélusine

Mélusine est une femme légendaire, souvent vue comme fée, et issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Âge.

Mélusine descendait d’une lignée royale. En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père, Elinas, le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage, de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait. Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit. Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, MélusineMélior, et Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon). Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées, décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne magique de Northumberland. Cela parut trop sévère à Présine qui, pour se venger, jeta un sort à ses filles.

Elle dit à Mélusine : "- Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie. Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan. Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier, tombe amoureux de Mélusine et la demande en mariage. La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi. En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse et longue descendance.

Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan. Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses (Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine, surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort, et même la ville de Lusignan.

Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer qui gardait le chambre de sa femme. Et voici ce qu'il vit:

"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue d'une serpente, et moult longuement débattait sa queue dans l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre."

Mélusine, trahie, s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit sous forme humaine. Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours, à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître, et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.

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Les dix enfants de Mélusine


Mélusine donna dix fils à Raymondin. Mais le comte, quoique très fier d'avoir tant d'enfants, n'était pas toujours très à l'aise en les regardant.

  • le premier, Urianqui devint roi de Chypre, était en tout point bien formé, sauf qu'il avait un visage court et tout en largeur, un œil rouge et l'autre bleu vert, et les plus grandes oreilles qu'on ait jamais vues sur un enfant.
  • le deuxième, Eudes, avait une oreille incontestablement plus grande que l'autre.
  • le troisième, Guion, avait un oeil plus haut que l'autre.
  • le quatrième Antoine, beau et bien fait comme ses frères, sauf qu'il portait sur la joue une patte de lion, et avant qu'il ait huit ans, elle devint velue, avec des griffes tranchantes.
  • le cinquième, Renaud, n'avait qu'un œil, mais remarquablement perçant.
  • le sixième, Geoffroy, avait une canine de 3 cm qui lui sortait de la bouche.
  • le septième, Fromont, qui devint moine à Maillezais - avait une tache velue sur le nez.
  • le huitième, Horrible, incroyablement grand, avait trois yeux, et il était si féroce qu'avant 4 ans il avait tué 2 de ses nourrices.
  • le neuvième, Thierry, était normal.
  • le dixième, Raymonnet, était normal aussi.

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Mélusine et l'Histoire

Côté historique, le chroniqueur Jean d'Arras rédige en l’an 1392, l'histoire de Mélusine pour Jean de Berry, récent acquéreur du château des Lusignan, qui désirait donner à sa famille des origines mythiques prestigieuses à l'image des héros grecs ou latins qui tous descendent d'un dieu ou d'une déesse. Par un jeu de mots, Jean d'Arras fait de Mélusine la mère Lusigne, la noble dame dont serait donc issu le lignage des Lusignan en Poitou. C'est ainsi une manière adroite de flatter le seigneur qui le fait vivre. Son histoire est immortalisée en prose par Jean d'Arras, dans son roman La Noble Histoire de Lusignan qu'il offrit le 7 août 1393 à Jean de Berry. Vers 1401, la légende est à nouveau contée, en vers cette fois, par Couldrette, dans son Roman de Mélusine qu'il écrivit pour Jean Larchevêque, sire de Parthenay.

A l'origine, Mélusine était probablement la représentation de la déesse gauloise Lucine qui présidait aux accouchements. Comme d'autres légendes, elle a été reprise par la tradition chrétienne. Mélusine signifie « merveille » ou « brouillard de la mer ». Pour les Lusignan, on l'appelle « Mère Lusigne » (la mère des Lusignans), fondatrice de leur lignée. Dans le dictionnaire Littré, elle est appelée Merlusigne, ce qui pourrait faire penser à une connotation aquatique.

Nombreux sont les lieux qui font référence à la légende de Mélusine. Beaucoup de lieux dont le nom vient de lux (lumière en latin) ont un lien avec Mélusine. On trouve ainsi Lucé, Lucy, Lusigny, Lézignan, Luzy, Leucate, Lausanne, Luxeuil comme lieux pouvant se rattacher à l'histoire de Mélusine. La ville de Melun, en Brie, peut également être originaire de la légende. Dans d'autres châteaux ou forêts, Mélusine apparaît sous d'autres noms et l'histoire diffère quelques peu. Au Luxembourg notamment, la légende de Mélusine se fait très présente et diffère peu de l'histoire originale. Elle est appelée Marluzuzenne en Hainaut, Merluisaine en Champagne, Mélusine dans la Drôme, Mélusanette dans les monts de la Madeleine, indique Pierre Gordon dans son essai « Les Vierges Noires, Mélusine, l’origine des contes de fées ». Elle est dite Malorcine, ou Mélorcine dans certains contes de terroir, par rapport à « orc » qui veut dire « ogre ». L’Ogresse mythique dévore le postulant au cours d’une initiation dans l’antre de la vouivre pour le « recracher » ensuite une fois la transformation accomplie, comme le fut Jonas après trois jours passés dans le ventre de la baleine. D’autres fois, elle est dite « Méloursine », ce qui évoque la Grande Ourse, la Polaire, impliquant qu’elle guide vers la lumière. 

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