Azénor - la captive du château de Brest

Établi sur une assise gallo-romaine du IIIe siècle, le château de Brest fut achevé par Vauban au XVIIe siècle. Manifestation de la puissance des Comtes de Léon jusqu’au milieu du XIVe siècle, enclave anglaise pendant cinquante ans, convoitée par la Bretagne, l’Angleterre, la France, la forteresse du bout de la terre était considérée au Moyen Age comme le plus fort château du monde. 

Très endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale, pendant le siège de Brest d’août à septembre 1944, le château restauré dans sa majesté multiséculaire est l’un des monuments majeurs de la Bretagne. Abritant dans sa cour intérieure le siège du commandement maritime du théâtre Atlantique et la préfecture maritime, il est sans doute de très loin, la plus vieille place militaire active du monde. Simple mur flanqué de tours, érigé par une légion romaine suivant le principe de l’éperon barré, le castellum antique fut renforcé inlassablement, d’abord rempart de la ville enclose jusqu’au XVIe siècle, puis garant de la protection du port militaire voulu par Richelieu et développé par Colbert.

De Conan, Hervé ou Even de Léon à Villegagnon, Chevalier de Malte, d’Hervé de Portzmoguer, l’Amiral breton, aux chefs d’Escadre des flottes royales, de la reine Anne au conventionnel Jeanbon Saint-André, de Richard II d’Angleterre au GI de la seconde guerre mondiale, de Duguesclin à Cadoual, le Château de Brest a vu se dessiner la France à travers l’histoire mouvementée de la Bretagne. Insensible aux bouleversements et aux drames, résidence princière, prison ou forteresse, son destin est lié depuis dix-sept siècles à celui de la ville de Brest.

L'histoire d'Azénor

Vers l'an 537, Even, prince de Léon, était seigneur de Brest. Il n'avait une fille unique, Azénor. Il est dit dans "La Vie de Saint Budoc" : «Elle était de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre et cette beauté extérieure n'était rien en comparaison de celle de son âme». Azénor épousa un comte de Goëlo descendant du célèbre Audren.

Les jeunes époux connurent tout d'abord un bonheur sans borne mais le père d'Azénor devint veuf. La solitude lui pesait, il se remaria bientôt à une dame de grande maison «qui avait l'esprit malicieux, noir, sombre et malin». La marâtre eut immédiatement l'atroce pensée de se débarrasser d'Azénor dont elle convoitait le douaire. Elle rassembla de faux témoins qui accusèrent la princesse d'adultère et de jalousie. Ils furent tellement affirmatifs que le comte de Goëlo et le roi Even les crurent. Azénor fut, par son père, enfermée dans la tour la plus sombre du château en attendant de comparaître devant ses juges. Ceux-ci condamnèrent la jeune femme à être brûlée vive, sans écouter les protestations d'innocence d'Azénor, sans contrôler les dires des accusateurs, en un mot, sans la moindre preuve… Au moment où ils la conduisaient au bûcher, ses bourreaux apprirent qu'elle serait mère dans quelques mois. Or, les lois leur défendaient, jusqu'à la délivrance, de la livrer aux flammes. Sur quoi ils décidèrent de l'enfermer dans un tonneau et de la jeter à la mer. La sentence fut impitoyablement exécutée.

Le tonneau vogua pendant cinq mois comme une barque, protégé, guidé par le bon ange d'Azénor qui chaque jour lui apportait sa nourriture directement du ciel. Finalement Azénor accosta en Irlande au lieu dit Beauport où elle donna le jour à un fils qui fut baptisé Budoc ("sauvé des eaux") soit parce qu'il avait eu la même chance que Moïse, soit pour rappeler Saint Budoc qui fonda dans l'île de Lavret, près de Bréhat, un monastère dont il reste encore des substructures.

Pendant que la pauvre Azénor effectuait son exode, sa marâtre était morte, ayant reconnu à ses derniers moments la fausseté de ses accusations. Even et le comte de Goëlo se mirent alors à la recherche d'Azénor pour se faire pardonner et lui rendre la place à laquelle ses vertus et ses souffrances lui donnaient droit plus que jamais. Ils parcoururent les côtes de la Cornouaille, du Léon et du Trégor. Etudiant le mouvement des flots, ils comprirent que les courants avaient dû emporter Azénor vers la Grande- Bretagne : ils se rendirent au Pays de Galles, en Ecosse, enfin après de longues recherches ils gagnèrent l'Irlande et prirent terre à Beaufort. Le comte de Goëlo ramena sa femme et son fils en Armorique. Il mourut au cours de la traversée. Azénor, dont la santé était fort ébranlée, ne tarda pas à le suivre dans la tombe.

Le petit Budoc fut élevé par son grand-père Even qui, plus tard, le confia à Saint Samson, évêque de Dol, pour qu'il l'instruisit. Budoc, sous la direction d'un tel maître, fit des progrès remarquables tant en matière religieuse que dans les sciences. Il devint abbé de Dol puis, lorsque Magloire décida de quitter les charges de l'épiscopat, c'est à Budoc qu'il les confia.

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